Mes notes pour le 15 août 2004

Les textes sur cette page :

-Notes diverses: Charest et la liberté d'association, et Séguin, le ministre du déséquilibre, qui jongle avec nos impôts.
-Fermons le CRTC !


Fermons le CRTC

«Un Chat, nommé Rodilardus,
Faisoit de rats telle déconfiture
Que l'on n'en voyoit presque plus,
Tant il en avoit mis dedans la sépulture.
Le peu qu'il en restoit, n'osant quitter son trou,
Ne trouvoit à manger que le quart de son sou,
Et Rodilard passoit, chez la gent misérable,
Non pour un chat, mais pour un diable.»

(La Fontaine, fable «Conseil tenu par les Rats»)

Que l'on aime ou non CHOI-FM il ne revient pas à l'État, via une caricature de tribunal qui est en fait un bureau de censure (le CRTC), de décider ce qui doit être dit sur les ondes (des ondes qui n'ont rien de public et qui devraient être vendues au plus offrant, tout en respectant en priorité des règles assurant la concurrence). Si des propos offensants sont proférés, d'autres recours existent. Ce qui a été dit sur CHOI-FM est peut-être moins offensant que les radotages tordus des bouches en cul-de-poule qui aiment se mettre dans une classe à part, celle des intellos; je pense en particulier aux experts en communication de nos universités et aux journalistes des médias soi-disant progressistes qui ne sont en fait que des larbins de leur Maître, l'État.

Ceci dit, il y a un article intéressant dans Le Québécois Libre du 15 juillet, par François Morin, dont le titre est «CHOI-FM: À bas la liberté d'expression». «La base de toute dictature, qu'elle soit fasciste, démocratique ou communiste, passe en premier lieu par le contrôle des armes et ensuite par celui de la presse.» (Translation: "Dictatorships, whether fascist, democratic or communist, start with firearms controls, then control of the press."). Bien dit.

Au numéro du 15 août le directeur du Québécois Libre, Martin Masse, publie une entrevue avec André Arthur sur la fermeture de CHOI-FM.

Rien de surprenant à ce que le chef du Parti québécois, Bernand Landry, se plie béatement à la décision du CRTC en reprenant les arguments de la ministre fédérale Liza Frulla. Le Parti québécois a toujours été d'accord avec les plus grandes bassesses crypto-communistes du Parti libéral fédéral. Parmi ces arguments, le CRTC serait, dit-on, un tribunal administratif. Il ne reste plus qu'à retirer le droit d'appel, déjà très restreint, et nous voilà au bon vieux temps des tribunaux populaires et de Dzerjinski, le chef de la Tchéka.

Fonctionnariser l'application des lois, voilà une méthode des libéraux et socialistes visant à étendre l'hydre des contrôles étatiques en adoptant une justice expéditive. Judiciariser des lois pour en laisser l'interprétation à des juges socialistes et collectivistes (comme l'ex-juge Louise Arbour, maintenant à l'ONU), voilà une autre méthode caractéristique de la période commençant avec Pierre Trudeau.

Voici un extrait d'un éditorial du National Post du 14 juin intitulé "Charter loopholes put liberties at risk": "While much fuss has recently been made over the Charter's "notwithstanding clause" and how dangerous it is to Canadians, little mention is made of Section 1 and its ilk, which allow judges to decide which individual rights to uphold and which to discard according to their preferences."

Et Liza Frulla qui veut nous faire accroire que les politiciens n'ont rien à voir d'une loi qu'ils ont votée et de gens qu'ils ont nommés. Nos larbins intellectuels des médias et universités de marquer le pas.

Mais des points d'exclamation ont fusé de toutes parts, dans mon esprit, quand j'ai entendu le petit Mario déclarer à CHOI-FM que son parti (l'Action démocratique) revendique la juridiction du Québec sur les télécommunications. C'est à croire que le chef de l'ADQ n'a absolument rien compris. Liza Frulla, alors qu'elle était ministre à Québec, aurait revendiqué la même chose. Cette surprise évacuée, je me souvenais que Mario Dumont, aux dernières élections provinciales, ne savait plus sur quel pied danser; il avait si mal défendu son programme qu'au moment du vote on avait tous l'impression que ce programme était réduit à une critique de la publicité de Loto-Québec...

Trêve des tromperies nationaleuses: que le CRTC soit à Ottawa ou à Québec ne change rien au problème de fond, soit le contrôle de l'État dans ce que se dit à la radio ou à la télévision. Je dirais même que si Québec contrôlait les télécommunications nous aurions encore plus de chances de vivre sous une censure croissante de tous les médias, au nom du bien commun!

En effet, rien de pire qu'une république de bananes contrôlée par des souteneurs de jobards locaux seulement bons à nous assommer de leurs arguties sur leur bien commun. Et rien de mieux, faute de mieux, qu'une multiplicité de gouvernements pour que le payeur de taxes ait un certain choix. Quand les gouvernements entrent en concurrence ils peuvent bien sûr s'allier pour nous exploiter et nous emmerder mais ça leur complique la vie.

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Notes diverses

Jean Charest et la liberté d'association,
et Séguin qui jongle avec nos impôts


Je venais tout juste de terminer la lecture de «Comment rater complètement sa vie, en onze leçons» (par Dominique Noguez, Éditions Payot et Rivages, 2002), quand j'entends Jean Charest dire non à la proposition des jeunes de son parti d'abolir la formule Rand. Je me suis alors dit que Jean Charest pourrait être l'auteur de «Comment rater sa réingénierie, en une leçon»...

Jean Charest vient en effet de nier la liberté de ceux qui ne veulent pas joindre les rangs d'un syndicat et personne ne trouve à redire! Pourtant, dans son programme qu'il nous a vendu avant les élections provinciales, Jean Charest avait bien écrit que son Parti libéral était le défenseur de la liberté individuelle... Coudonc, disent-ils n'importe quoi ces politiciens?

Ce gouvernement nous a proposé une réingénierie qui a passé ses neuf mois... Un autre qui n'accouche pas est le ministre Yves Séguin, le magicien aux Finances. Il a l'occasion de simplifier les choses pour au moins la moitié de la population (ceux qui paient des impôts) et il l'a rejetée du revers de la main pour préserver le pouvoir du Québec de manipuler les contribuables. La distinction nous coûte cher.

Un extrait d'une dépêche de presse nous dit que si l'impôt des particuliers au Québec était calculé en fonction de l'impôt fédéral, le gouvernement nationaleux à Québec pourrait se débarrasser de 2350 lois, de 676 règlements, 232 bulletins d'interprétation, 126 formulaires... Coudonc, a-t-on des yeux à Québec? Oui, sans doute, mais il manque des cerveaux.

La preuve c'est que Yves Séguin, après avoir dit non, demande au fédéral de faire ce que lui-même a refusé...: il a offert au fédéral de collecter l'impôt fédéral au Québec. Rappelons que Yves Séguin, ex-ministre libéral du Revenu, n'avait pas refusé de présider une commission créée par le Parti québécois pour démontrer que le Québec est un déséquilibré fiscal... (la cause: il dépense trop).

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