Quelques écrits en 2011 et 2012
(liste complète à la page : Ce que j'en pense)

Les textes sur cette page -- Summary of this page :

-- Une lettre au Premier Ministre Stephen Harper
-- La Coalition Avenir Québec
-- Les Québécois à la merci de leur berger
-- «Une crise peut en cacher une autre»
-- De nouveau sur Polytechnique, 6 décembre 1989



Une lettre au premier ministre Stephen Harper

J'ai envoyé cette lettre à monsieur Harper pour lui rappeler que malgré l'abolition du registre des armes d'épaule, il demeure que c'est encore un acte criminel de posséder une arme à feu sans permis.

Monsieur le Premier Ministre,

Les propriétaires d’armes de chasse, dont je suis, vont sans doute être heureux de voir l’abolition du registre des armes dites d’épaule ainsi que les données sous-jacentes. Cependant, permettez-moi de douter de la portée effective du projet de loi C-19 quant à la protection des droits individuels et le respect des propriétaires d’armes à feu dont la grande majorité ne sont pas des criminels.

Votre gouvernement semble avoir voulu préserver la chèvre et le chou en cette matière. Vous avez en effet conservé l’essentiel de la législation libérale de 1995 sur les armes à feu et il est alors difficile de comprendre pourquoi le gouvernement du Québec fait les pieds et les plats pour s’opposer à C-19. Ce projet de loi continue de traiter les propriétaires d’armes à feu comme des criminels même s’ils n’ont commis d’autre crime que celui de ne pas avoir un permis valide émis par la police. Qui plus est, et c’est le propre des régimes totalitaires, votre gouvernement maintient la confiscation sans compensation aucune pour le simple non-respect des procédures légales.

Il faut applaudir votre gouvernement pour son action contre la criminalité mais ce n’est pas en fichant ceux qui ne sont pas des criminels, et en les traitant comme des criminels potentiels, que vous obtiendrez les meilleurs résultats.


21 janvier 2012

Reçu un accusé de réception me disant que la lettre a été transmise au Ministre de la Sécurité publique Vic Toews.

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La Coalition Avenir Québec

Au moment d'écrire ces lignes la
Coalition Avenir Québec est encore en avance dans les sondages et peut-être que le principal bénéfice de ce nouveau parti sera de nous débarrasser de Charest et du PQ, sans être pire qu'eux. Il est vrai que le Québec peut et doit faire mieux. Mais est-ce qu’il s’agit «de gestes forts et courageux» ? Est-ce que ce qui est proposé est suffisant «pour relancer le Québec» ? Son premier effet est de… relancer la discussion.

Ce n’est pas mauvais que la CAQ mette l’éducation en priorité quoique le devoir immédiat en prenant le pouvoir devrait être de mettre en place des mesures pour réduire les dépenses et les taxes. L’équilibre budgétaire paraît de plus en plus illusoire et la dette croît rapidement grâce à ces déficits et au gonflement de la dette par de coûteux investissements.

Il y a du faux nationalisme économique dans ce que propose la CAQ. On se croit toujours spoliés dans… nos richesses quand un étranger entreprend de les développer. Veut-on l’autarcie ? Je me souviens d’un ministre du PQ qui voulait l’autarcie en agriculture...

De bonnes intentions : «Il faut revenir à l’équilibre budgétaire, mais aussi faire des efforts significatifs pour rembourser la dette du Québec en lui consacrant pas 25 %, mais bien 100 % des nouvelles redevances sur les ressources naturelles.» La dette du Québec s’accroît déjà à coups de milliards seulement avec tous les travaux d’infrastructures. La CAQ escompte beaucoup de redevances... Avec la hausse des prix des métaux et la demande de pays comme la Chine, des Québécois pensent avoir la poule aux œufs d’or. Mais les prix fluctuent. L’idée d’un Fonds de ressources pourrait s’évaporer rapidement. Mieux vaut compter sur des vraies économies dans les dépenses du gouvernement.

Il faut que les Québécois sortent de leur petite coquille où ils veulent s’enfermer pour se protéger des soi-disant ennemis de l’extérieur. À qui peut bien profiter l’emprisonnement culturel ? Ils veulent un Québec libre de… liberté. Le plan d’action de la CAQ est dans la ligne de pensée traditionnelle et propre à l’État qui se veut notre berger. Mais comme dit au début, la CAQ n'est pas pire que les autres. Autrement dit, du vieux vin éventé servi dans une nouvelle bouteille.

15 janvier 2012

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Les Québécois à la merci de leur berger
(texte publié dans The CUFOA Newsletter)

Le Québec a une tradition de possession d’armes à feu qui a ses origines en Nouvelle-France, non seulement pour la chasse ou le tir mais aussi pour se défendre. L’explosion de l’étatisme dans les années 1960, alors que le Québec s’urbanise et que l’État monopolise de plus en plus de fonctions, change la donne et on observe une forte hausse de la criminalité et des suicides par armes à feu. Certains événements malheureux ont contribué à diaboliser les propriétaires d’armes à feu face à une population devenue dépendante de l’État et de sa Sécurité et manipulée par une propagande financée par tous à même les impôts.

Pourtant, un examen de ces incidents, le plus récent étant celui du Collège Dawson, démontre que l’on a affaire à un problème de société étatisée devenue oppressive, dont l’érosion de la famille, beaucoup plus qu’à un problème d’armes à feu.

La Loi sur les armes à feu, en particulier telle qu’appliquée au Québec, arrive en contradiction flagrante avec les dispositions du Code criminel permettant la légitime défense, en ce sens qu’elle rend impossible l’usage d’une arme à feu en situation urgente. Au Québec, la Sûreté du Québec refuse toute demande de permis d’arme à autorisation restreinte (en général les armes de poing) à des fins de défense légitime. La Loi no. 9 de Jean Charest, loi appuyée par tous les partis y compris l’ADQ, ne reconnaît que le tir à la cible comme finalité admissible pour la possession d’une arme de poing et l’adhésion à un club de tir est obligatoire, à défaut de quoi les armes sont confisquées sans compensation.

À ces dispositions légales, ajoutons que la pratique du tir en région, hors des grands centres urbains, est rendue difficile par la rareté des clubs de tir, plusieurs ayant été fermés par la police au cours des ans. La majorité des chasseurs ne sont pas non plus membres de clubs de tir.

À l’agenda plus ou moins avoué des activistes anti-armes à feu il y a la prohibition pure et simple non seulement de toutes les armes de poing (exception faite de celles des policiers) mais aussi de toutes les armes de chasse semi-automatiques. L’Association des chasseurs et pêcheurs du Québec ne revendique que l’abolition du registre des armes de chasse alors que cette abolition n’empêche nullement la prohibition de certains types d’armes et que c’est la police qui décide de toutes façons qui peut détenir un permis (que vous soyez ou non un criminel).

La législation canadienne sur les armes à feu découle d’un état d’esprit dictatorial et débile qui veut que l’on ne peut faire une omelette sans casser des œufs et sans contrôler toute la population. Ce que la CUFOA propose c’est de cesser de traiter les gens responsables comme des œufs ou des moutons et de s’adresser réellement aux problèmes de la criminalité à leurs sources, et une de ces causes est sans contredit que l’étatisation de la société a contribué à déresponsabiliser les individus et à détruire le sens des valeurs fondamentales qui tissent des relations sociales harmonieuses.

Le contrôle des propriétaires d’armes à feu n’est qu’un pas parmi d’autres dans la dépossession graduelle des individus de certains droits fondamentaux reconnus par les articles 7 et suivants de la Charte canadienne des droits.

Juin 2011

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«Une crise peut en cacher une autre»

C'est le titre du dernier livre de l'économiste et écrivain Pierre Lemieux qui a publié chez le même éditeur en 2008 (Les Belles Lettres) «Comprendre l'économie», une somme de 400 pages résumant les principes et la méthode de la pensée économique. Tous nous haranguent depuis la crise de 2008 que c'est la faute du capitalisme, la faute au laissez-faire, à la déreglementation, en somme nos politiciens et l'État en général n'auraient rien à y voir. Or, les faits démontrent le contraire. Nous vivons dans une économie de plus en plus étatisée, dans laquelle les hommes dits d'affaires se ruent aux portes des politiciens pour recevoir des subventions, et comptant de nombreuses agences de contrôle et d'incitation au crédit immobilier. Dès ses débuts, la crise financière a été gonflée par des politiques et elle n'est pas terminée. La crise financière est devenue celle des finances publiques de nombreux pays, dont plusieurs États américains. Le gouvernement américain n'y échappe pas. «Les esprits animaux de l'État -- cupidité, moutonnerie, inefficacité, collectivisme, pouvoir et hubris --, écrit Pierre Lemieux, font de l'État le plus dangereux des risques systémiques». Une des conséquences est que les titres gouvernementaux ne sont plus des placements sécuritaires puisque la garantie de remboursement s'érode de plus en plus.

19 février 2011

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De nouveau sur Polytechnique, 6 décembre 1989

Pendant que plusieurs s'affairent à exploiter la tragédie de Tucson en Arizona à des fins de contrôle étatique je veux revenir sur celle de Polytechnique du 6 décembre 1989... Dans notre régime, un criminel a encore droit à une défense, même s'il s'est suicidé. Ce criminel a été utilisé pour déprécier tous les hommes et en particulier les propriétaires d'armes à feu. J'ai déjà plusieurs articles sur le sujet. Voir surtout :
-- «Féminisme, Femmes, Hommes roses et Polytechnique»
-- «Notes sur le rapport du coroner relatif aux événements de Polytechnique du 6 décembre 1989»
-- «Deux traumatismes québécois : 1. La bataille des plaines d'Abraham; 2. La tuerie à l'École polytechnique le 6 décembre 1989»
-- «De nouveau sur la tuerie de Polytechnique en 1989» où je cite un éditorial d'André Arthur à son émission Le Midi à TQS le 1er février 2009, vidéo retrouvée au lien Révélation.wmv mais que j'ai préféré convertir sur mon site en format flash vidéo Arthur.flv.

Après deux ans, j'ai relu le livre de la mère de Marc Lépine, Monique Lépine, intitulé «Vivre» aux Éditions Libre Expression, 2008. Je n'avais pas pensé commenter à l'époque, parce que j'avais trouvé dans ce livre le récit d'une mère en difficulté. Dans ce récit autobiographique rassemblé par Harold Gagné, il y a toutefois des éléments très révélateurs de plusieurs vies perturbées mais je vais m'en tenir à ce qui me tracasse.

Pour commencer Marc Lépine n'est pas né un tueur. Sa mère écrit (p. 193) «les problèmes que mon fils a connus avec les femmes ont peut-être commencé le jour où sa sœur est née». Or, Nadia Yacina Gharbi est née en avril 1967 et Gamil Rodrigue Liess Gharbi en octobre 1964..., soit trois ans avant. Mais il semble exact que la sœur a joué un grand rôle dans la révolte de Gamil car elle le harcelait constamment. Comme on dit, quand il y a une goutte en trop le verre déborde.

Mais les parents eux-mêmes. Un père violent de tradition arabe qui battait la mère, père d'ailleurs de deux autres enfants (avec une autre, faut-il préciser?), dont la mère Monique s'est séparée en 1971 (officiellement divorcée en 1976 seulement). Un père qui changeait souvent d'emploi. Quand Monique Lépine l'a connu il était chez Canadair, ensuite même vendeur de fonds de placement, et souvent à l'étranger (comme à Porto-Rico, où la mère et les enfants ont dû le rejoindre). La mère écrit : «Avortements, divorce, manque de temps pour mes enfants, liberté sexuelle, tout y est passé. J'ai même flirté avec l'occultisme» (p. 129). «Lorsque j'avais des besoins sexuels, je me rendais dans des bars enfumés» (p. 130).

Gamil n'a eu son permis d'acheter une arme de chasse (une .223 semi-auto Ruger, mal identifiée dans le livre...) qu'en septembre 1989, avec sûrement un but en tête. Il avait déjà fait sa demande d'inscription à Polytechnique en mars mais avait essuyé un refus. Or, c'était son ambition. Il avait souvent visité Poly antérieurement à décembre 1989, entre autres pour y acheter des articles scolaires et des livres (p. 221). Une demande antérieure d'admission en 1987. En 1989, il manquait à Gamil (selon Polytechnique) deux cours dits collégiaux (mais il avait été au Cégep), dont un en chimie.

Il souffrait d'une acnée prononcée qui faisait la risée de sa sœur et l'avait forcé à cacher son visage par une barbe. «Elle [Nadia] ne se gênait pas pour lui dire qu'il n'était pas très beau et prononçait souvent en public des paroles blessantes à son endroit» (p. 195). Son nom même (Gamil Gharbi) n'était pas bienvenu à l'école. C'est à l'âge de 14 ans que sa mère a fait les démarches pour qu'il se nomme Marc Lépine.

Après une visite funèbre organisée pour elle à l'École Polytechnique par l'ex-directeur Louis Courville, Monique Lépine écrit, le lendemain : «Marc, si tu savais tout le mal que tu m'as fait» (p.227). Elle ne semble accepter aucune responsabilité dans les actes des deux enfants qui se sont tous deux suicidés (Nadia s'est suicidée d'une overdose en 1996; elle avait d'ailleurs l'expérience de la drogue depuis l'adolescence).

Mais j'arrive à un autre motif de Marc Lépine. Les dossiers de l'armée (de 1982) ont été détruits, ceux de Poly probablement, ceux de l'enquêteur André Tessier probablement..., ceux aussi du Ministère de la Justice ? Que reste-t-il ? C'est Jacques Duchesneau (Police de Montréal) qui a référé Monique Lépine à l'enquêteur André Tessier à sa retraite. La police de Montréal ne veut plus rien dire.

Comme André Tessier était bien ami avec Pierre Leclair, il a vérifié s'il y avait des relations entre Marc Lépine et Maryse Leclair, la fille de Pierre. Évidemment, André conclut à un «pur hasard» bien que les deux ont pu se connaître dans l'hôpital Saint-Jude de Laval dans la mi-1980, où Marc a été congédié en 1987 de son poste de «préposé aux cuisines» [...] «en raison de son attitude agressive envers les patients et les autres employés» (p. 245). Il y avait là une parente de Maryse et l'établissement était dirigé par un cousin du père de Maryse, Jean-Marie Leclair.

L'enquêteur de la Police de Montréal (André Tessier) nie que Maryse Leclair et Marc Lépine se sont connus. Cependant, «dans la lettre d'adieu de trois pages, retrouvée dans son veston, Marc aurait aussi mentionné le nom de Maryse, avec ceux des dix-neuf autres femmes publiques à qui il en voulait» (p. 244).

Un type aurait téléphoné à Claude Poirier (LCN) pour lui dire qu'il avait une photo de Marc en compagnie de Maryse. Qu'en est-il ?

Quant à la jeune sœur de Maryse (six ans plus jeune) elle a suivi son père dans la région de Québec et nie tout.

Il y a autre chose. Le 2 décembre 1989, Marc a rencontré sa mère pour souligner son anniversaire venant le 20 décembre... Il est ensuite allé voir un coiffeur pour se faire raser et couper ses longs cheveux. La mère y voit un acte d'affranchissement pour «démontrer qu'il n'avait plus rien à voir avec celui que j'avais mis au monde et tant aimé» (p. 211). Curieux commentaire.

12 janvier 2011

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