Quelques écrits en 2013
(liste complète à la page : Ce que j'en pense)

Les textes sur cette page -- Summary of this page :

Nouveau : «N»
Révisé : «R»

Pour des nouvelles sur mon état de santé c'est aux liens «Journal de bord» (1) et (2).

-- Journal de bord (2), 24 octobre- 8 novembre 2013. «N»
-- Chronique d'une mort annoncée [Journal de bord (1)]
-- Multiculturalisme
-- Électrification des transports
-- Freddy Mae sues banks
-- Osez penser par vous-mêmes !
-- Sur l’éducation
-- Une assurance-autonomie ?
-- De retour sur les impacts économiques «N»
-- Subventions et développement économique
-- Lectures
-- Esclavage
-- Conseil du statut de la femme
-- Banque du Canada, rapport sur la politique monétaire
-- Benjamin Franklin, partisan des milices volontaires
-- Théologie (Benjamin Franklin, 1706-1790)
-- Philippe Couillard
-- Sur feu l'historien Dominique Venner
-- www.yvondionne.org
-- Des droits à faire K… ier !
-- Sur l'État et la Charte des Valeurs...
-- Éoliennes et impacts économiques
-- Lac-Mégantic et le projet d'oléoduc
-- Viva Il Papa !
-- Les autochtones ne sont pas des pandas
-- Est-ce à l'État de définir nos droits ?
-- Armes à feu
-- La première sorcière ?
-- Sur la démocratie
-- On some genocides
-- Duplessis et la "Grande Noirceur"




De retour sur les impacts économiques :

Quand j’étais au gouvernement du Québec une des choses que j'y ai apprise c'est comment... fonctionne le gouvernement ! Et c’était chose courante (et ça l’est encore) de justifier les interventions du gouvernement par leurs impacts économiques, et en particulier par la création d’emplois.

Or, 1. Dans un premier temps, le gouvernement dit injecter de l’argent; 2. Cet argent se transmet dans l’économie non seulement via le récipiendaire mais en plus par les impacts des dépenses de celui-ci; 3. Donc, il y a création d’emplois…

Mais pas si vite car il y aurait même création d’emplois si l’industrie en question fonctionne à perte ! Une entreprise qui ferait fi du critère de rentabilité d’un investissement n’irait pas loin.

Ce modèle comptable d’impacts n’est pas totalement faux et a fait fureur pour la planification dans les pays communistes. Le problème, c’est qu’utilisé à lui seul il permet de justifier n’importe quoi !

Il ne tient pas compte :

1. De l’impact économique des sommes d’argent retirées de l’économie par l’intervention gouvernementale. Le coût de cette intervention est traité comme étant nul. Or, cet argent a été soustrait des dépenses des consommateurs par les taxes et impôts, que ce soit par une dépense immédiate ou une dépense reportée par voie d’emprunt.

2. Le transfert lui-même comporte des coûts de transaction : des fonctionnaires pour administrer et surveiller. Même s’il s’agit d’une intervention fiscale, il y a des coûts de transaction. D’ailleurs le gouvernement s’éloigne de plus en plus d’une fiscalité volontariste pour accroître la surveillance et les contrôles, afin d’éviter les «abus» eux-mêmes créés par les bonbons fiscaux.

3. a) L’intervention prend pour acquise que les investissements ne se feraient pas sans elle. J’ai connu de nombreuses subventions qui ne faisaient que devancer une décision d’investir. Les projets étaient rentables. Le gouvernement voulait montrer le pouvoir de son chapeau de magicien.

b) Quant aux projets strictement non rentables (conditions du marché, non concurrentiels) mieux vaut les laisser braire pour ne pas les mettre à la charge des secteurs qui vont bien et ainsi affaiblir ceux-ci. Il y a des entreprises qui vivotent de subvention en subvention.

c) Quant aux projets sociaux, d’infrastructures par exemple, leur réalisation ne devant dépendre en principe que des économies réalisées par tous les usagers. On tombe là dans un domaine plus subjectif où les politiciens et les groupes de pression socialistes ont le gros rôle, les coûts n’étant généralement pas répartis uniquement aux usagers (comme par exemple la répartition des coûts d’un réseau d’aqueduc et d’égouts, le transport en commun). À bien y penser, on a bien beau aimer les pyramides mais il y avait d’autres priorités… -- 7 novembre 2013.

Multiculturalisme :

Je croyais que l’expression «Red Necks» venait de nous pour désigner les gens des provinces de l’Ouest. Erreur. Elle était utilisée en Afrique du Sud du temps des Boers. Elle vient de l’Afrikaans «rooineks». Le cou rouge était causé par les casques que portaient les soldats britanniques.

Quand j’étais à Ottawa, je traitais plutôt certains Canadiens de l’Ouest (ou même de Montréal), vivant en vase clos, de «têtes carrées» («square heads»), de têtes moulées inflexibles. Pas gentil mais ils le méritaient par leur rejet quasi instinctif et viscéral de tout ce qui venait du Québec (même si je n’étais et ne suis toujours pas très fier de tout ce qui vient du Québec !). J’étais anglophile comme je pouvais être russophile ou germanophile. Il faut prendre dans toutes les cultures, l’Autriche pour la musique, l’Allemagne pour la philosophie, la France pour la littérature, etc. En fait, dans ce survol, je suis plus francophile qu’autrement car la culture française est celle qui ne laisse échapper aucun pan entier de la culture. Néanmoins, on a dit de moi : «He should have been born English !» reflet d’une suffisance impérialiste.

Ici il faut distinguer l’apport des cultures au niveau des individus et le multiculturalisme institutionnalisé et politique au niveau des États, des nations. Le problème, c’est le multi-cul au niveau de l’immigration, de l’intégration.

Il n’y a personne qui va accepter, à moins d’être un naïf, qu’un voisin vienne faire la loi dans sa demeure sous prétexte qu’il est un réfugié politique. Il faut mettre au clair que lorsqu’un immigrant s’installe chez nous, ce n'est pas un droit qu'il a de venir chez nous, mais plutôt une faveur que nous lui faisons après qu'il a accepté nos règles de vie en société et qu'il s'y soumet par la suite.
-- 3 novembre 2013.

Électrification des transports :

Après avoir été forcé de démissionner comme ministre en 2012 pour raisons de fraude, de non-paiement de loyer, etc. l'activiste Daniel Breton est maintenant en charge de l’électrification des transports. La «stratégie» est en ligne au site du Ministère de Pauline Marois, le Conseil exécutif, à www.mce.gouv.qc.ca/publications/electrification-transports/index.asp.

Pauline se pète les bretelles (de son corset ?) avec ce plan qui étatise graduellement les choix individuels en matière de transports en faveur d’un monopole de distribution de l’électricité. Dans ce domaine, on en est encore au stade de l’expérimentation et les rêveurs au gouvernement veulent que ce soient les consommateurs et payeurs de taxes du Québec qui en assument les frais !

De l'économiste Pierre Lemieux, dans son livre «Une crise peut en cacher une autre» : «C'est un phénomène remarquable que la croissance économique procède en relation inverse avec la prétention de l'autorité à s'occuper de tout.» -- 2 novembre 2013.

Freddy Mae sues banks :

Commentaire sur l'article : www.foxbusiness.com/industries/2013/10/31/fannie-mae-sues-nine-banks-over-libor/ Ces deux agences du gouvernement (+ Freddy Mac) ont besoin d’argent. Rappelons qu’elles achètent des créances hypothécaires des banques. C’est le gouvernement qui force les banques à prêter à des emprunteurs douteux et même insolvables. Obama lui-même, alors qu’il était un petit avocat à Chicago, a été impliqué dans une poursuite contre une banque (City Group) parce qu’elle avait refusé de prêter à un Noir insolvable.

Au Canada nous avons un régime similaire. Les gouvernements font la promotion de l’accès à la propriété sans tenir compte de la capacité de payer des consommateurs. Dans un de ses livres, l’économiste Pierre Lemieux fait une bonne analyse des origines de la bulle immobilière. Voir «Une crise peut en cacher une autre», Les Belles Lettres, Paris, 2010. www.lesbelleslettres.com/livre/?GCOI=22510100229660 . -- 1er novembre 2013.

Sur l’éducation :

Commissions scolaires ou pas, l’éducation au Québec est en crise. On n’apprend plus. On s’habille d’abord n’importe comment. Et on joue sur sa tablette. À chaque changement, les profs demandent des cours de perfectionnement.

Pendant que l’on remet en question les structures administratives (commissions scolaires et rien d’autre…), il serait surtout pertinent, au préalable, de s’interroger sur le pourquoi et le comment de l’éducation dans son sens général, non seulement de la formation d'une jeunesse écartelée entre des parents absents et un système soviétisé, non seulement de la formation pour apprendre un métier ou une profession pour après dire «on est parvenu», mais plus fondamentalement d’une éducation permanente en continu, toute la vie. C’est toute la vie que l’on a à apprendre. La connaissance ne s’arrête pas à l’obtention d’un diplôme ou à la jouissance des biens acquis de papa…

De la «petite enfance» à une spécialisation sans culture générale, la situation de l’enseignement au Québec m’apparaît une catastrophe. Si j’avais des enfants je ne les enverrais pas se morfondre dans nos écoles, ces boîtes à sardines où l’on n’apprend que les mauvais côtés de la vie en société, surtout pas dans nos écoles publiques.

Les grands penseurs du ministère de l’éducation sont déconnectés de la réalité. Ils prennent les enfants comme des cobayes à leurs expériences pédagogiques qui sont coûteuses quand on considère qu’ils jouent avec l’avenir d’êtres humains quasi à leur merci, que les parents leur ont en quelque sorte légués via un processus d’étatisation des responsabilités.

La meilleure éducation n’est pas celle qui se moule dans un système mais plutôt celle qui s’inscrit dans un mouvement constant de renouvellement face à la vie. La vie est ennemie des vases clos. – 31 octobre 2013.

Une assurance-autonomie ?

Le gouvernement du Québec est en train d’évaluer les coûts d’un projet d’assurance-autonomie, soi-disant pour diversifier les sources de financement des soins aux personnes en perte d’autonomie. En fait, le gouvernement est incapable de couper dans ses dépenses pour pourvoir à des services dont il s’est donné la responsabilité et il s’agit donc d’une nouvelle taxe.
Des fonctionnaires y travaillent dans le réseau de la santé à même le temps qui devrait être alloué aux patients (pardon : aux clients). Dans le passé, le gouvernement a toujours sous-estimé le coût des nouveaux programmes, pour les faire adopter : assurance-médicaments, dossiers médicaux, Groupes de médecine familiale (où les médecins sont incités à passer le plus grand nombre de clients pour gonfler la facture), etc. -- 31 octobre 2013.

Subventions et développement économique :

Les subventions (prenant diverses formes) sont devenues chroniques dans l’économie du Québec. Tout le monde vit aux dépens de tout le monde. Les seuls réels gagnants quand on fait le compte sont les politiciens et les fonctionnaires qui se graissent au passage. Des secteurs jugés prometteurs par les politiciens et fonctionnaires sont des clients réguliers des payeurs de taxes et des consommateurs. Tout est justifié par les impacts économiques et la création d’emplois, et non pas la rentabilité.
Des emplois qui coûtent cher, aux dépens d’une diversification régionale et il se trouve en réalité qu'ainsi nous subventionnons la fabrication à partir du métal dans d'autres pays !
Après le marasme dans les mines créé en grande partie par le gouvernement, les alumineries viennent de lancer un avertissement. Pourtant, c’était un secteur où le gouvernement demandait à Hydro-Québec de leur accorder des tarifs préférentiels depuis longtemps. Le Québec doit importer le minerai et le transforme ici. Il n’y a pas beaucoup de fabrication au-delà du minerai transformé en métal. C’est fait ailleurs, à cause des coûts !
La transformation est consommatrice d’énergie. Et Québec veut pousser la transformation du minerai extrait au Québec… à un coût que les alumineries jugent n’être pas rentable en 2015. On a eu une intégration verticale avec Sidbec, de la mine jusqu’à l’aciérie. Ça n’a pas marché.
Avec un facteur de production (on dit un «intrant») stimulé à l’engrais énergétique, il reste peu d’incitatifs pour accroître la productivité des autres facteurs, sans nouvelles subventions pour moderniser ou toute autre raison. Ajoutez à cela des prix à la baisse.
Mais les gouvernements sont infaillibles. Ils se tromperaient moins s'ils se mêlaient de leurs affaires. Duplessis, avec moins d’État, avait ouvert Schefferville sans qu’il nous en coûte rien !

Oui, ça va aller mal au Québec. Il n'y a que des mauvaises nouvelles à l'horizon pour l'emploi, les finances, les taxes. -- 30 octobre 2013.

Lectures :

Terminé la lecture de la biographie de Benjamin Franklin par Walter Isaacson.
J’aurais dû lire plus tôt. Bien documenté. D’abord publié en 2003 par Simon & Schuster, je l’ai acheté dans l’édition de 2008 de The Folio Society. Le produit vaut le prix, tant pour le contenu que pour la forme.

J’aime les beaux livres. Ils ont une odeur de forêt à la fois pour les sens et les connaissances. Je réserve le virtuel aux écrits qui passent, ou pour préserver l’imprimé à conserver, comme les vieux livres qui jaunissent et ceux des nombreuses bibliothèques peu accessibles. Le virtuel est utile pour la pérennité des imprimés. C’est à plus grande échelle similaire au passage de la tradition orale à l’écriture manuscrite.
Tout ce qui réduit les délais et les coûts de transaction dans la transmission de l’information est bienvenu, n’en déplaise aux libraires.

J’entreprends la lecture en deux tomes de «The Scramble for Africa», par Thomas Fakenham (du même éditeur). -- 30 octobre 2013.

Esclavage :

L’opposition à l’abolition de l’esclavage en Amérique et ailleurs a trouvé ses arguments dans la Bible. En bon polémiste Benjamin Franklin utilise la parodie en critiquant l’esclavage des chrétiens en Afrique du Nord qui était pratiqué à grande échelle par les musulmans ! Car ne l’oublions pas, l’esclavage a été pratiqué à la fois avant le christianisme et avant que celui-ci commence à importer des Noirs d’Afrique pour les plantations d’Amérique.
Franklin cite Mahomet : «God is great, and Mahomet is his prophet», ou bien : «Masters, treat your Slaves with kindness; Slaves, serve your Master with cheerfulness and Fidelity.»

Conseil du statut de la femme :

Le Conseil du statut de la femme, dirigé par une ex-journaliste de Radio-Canada, est maintenant contre les... crimes d'honneur. Le CSF s'était aussi opposé, pour la liberté individuelle, au projet de Charte de Drainville. Pourtant, les crimes d'honneur sont des crimes comme tous les autres au Code criminel. Il suffit d'appliquer la loi. L'affaire Shafia avait fait les manchettes et on invoquait la liberté de religion pour innocenter les coupables. Quant aux signes avant-coureurs, il y en avait, à la maison, à l'école... Mais c'était l'inaction. Ça leur prend du temps à se réveiller ! -- 30 octobre 2013.

Banque du Canada, rapport sur la politique monétaire :

Reçu aujourd'hui le rapport d'octobre sur la politique monétaire de la Banque du Canada (www.banqueducanada.ca). C'est un de mes deux anciens employeurs; j'y ai passé onze ans, non syndiqué (et pas nécessaire)... Bonne expérience. Le rapport m'apparaît plus politique que monétaire... Beaucoup d'incertitude dans les prévisions, après bien sûr avoir mal prévu l'évolution récente... La Banque semble examiner les facteurs externes conduisant à l'inflation, sans élaborer sur son rôle dans la manipulation artificielle des taux d'intérêts et le financement des dépenses du gouvernement. – 29 octobre 2013.

Benjamin Franklin, partisan des milices volontaires :

Je poursuis ma lecture de la biographie de Franklin par Walter Isaacson.

Devant les incursions répétées des Indiens et des Canadiens en Nlle-Angleterre, se traduisant par des massacres de civils, et devant l’impuissance ou l’inaction du pouvoir colonial, Franklin propose en novembre 1747 la création d’une milice indépendante du pouvoir colonial. La milice serait toutefois contrôlée par l’Assemblée (dont les pouvoirs sont restreints) et les officiers seraient élus. C’est un succès. 10 000 hommes s’enrôlent dans une centaine de compagnies et Franklin a l’idée d’une loterie pour financer l’équipement. Le gouverneur britannique approuve les achats. Néanmoins, Franklin est qualifié d’homme dangereux car la sécurité, pour les dirigeants, devait passer par l’État.
Ce n’est qu’en 1755 que l’Angleterre envoie un général (Braddock) pour sortir les Français de la vallée de l’Ohio. Mais c’est un échec. Les Canadiens et les Indiens pratiquaient une guerre de guérilla. Braddock est tué avec les 2/3 de ses soldats. Parmi les survivants : George Washington.

L’Angleterre voulait que le financement de l’armée vienne des colonies mais les propriétaires fonciers coloniaux refusent toute taxe. C’est d’ailleurs la volonté de l’Angleterre de lever des taxes pour le financement de l’Empire qui a conduit à la Révolution américaine. Franklin revendiquait aussi pour les habitants de Nlle-Angleterre les mêmes droits que les Britanniques.

C’est de cette période que vient la fameuse citation de Franklin : «Those who would give up essential liberty to purchase a little temporary safety deserve neither liberty nor safety.» -- 28 octobre 2013.

Théologie (Benjamin Franklin, 1706-1790) :

Benjamin Franklin, dont les parents étaient puritains, s’est vite éloigné des vérités révélées par les prophètes permettant de dire et de faire n’importe quoi pourvu que ce soit conforme à leur révélation. Certes, il n’est pas devenu athée mais il a quand même défendu un déisme pragmatique ne découlant d’aucune religion structurée en dogmes, coutumes, interdictions, etc. Il a professé un déisme débarrassé de tous les artifices (pratiques et théoriques) propres aux religions établies, donc une croyance strictement personnelle bien qu’il accepte l’idée, courante à l’époque et encore aujourd’hui, que la religion puisse servir à la stabilité sociale.

Ainsi, il a défendu le principe qui nous paraît aujourd’hui comme un gros GBS (Gros Bon Sens) que la foi seule en la Bible (ou le Coran, ou tout autre livre saint, comme le Capital de Marx…) ne peut pas conduire automatiquement à faire le bien… Autrement dit, un hérétique qui fait le bien est préférable à un chrétien qui fait le mal… Toute une révolution dans les idées qui aurait permis d’éviter de nombreuses exécutions ! – 27 octobre 2013.

Philippe Couillard :

Sur quelle planète vit Philippe Couillard, le chef du PLQ, quand il dit que les musulmans font de réels efforts pour s’intégrer à nous ? C’est plutôt nous qui devons s’accommoder à eux, sous peine d’islamophobie.

Sur l'historien Dominique Venner :

Je suis devenu, avec l’expérience, relativement étanche aux constructions idéologiques doctrinaires des philosophes, et en général à toute construction d’idées qui ne part pas de problèmes concrets. Quand un jeune paumé de la gauche (qui se dit docteur en sémiologie) cite à profusion des mots en allemand pour faire le dilettante, se servant d’Heidegger pour démolir un historien, pour nier la réalité tragique du monde d’aujourd’hui, réduisant la réflexion à des schémas rabougris, pour démolir Venner (ex-directeur de la Nouvelle Revue d’Histoire) qu’il ne semblait pas connaître avant le suicide de celui-ci…, alors voici un bref commentaire :

À des problèmes extrêmes faut-il des solutions extrêmes ? Mon refus de la tentation totalitaire à laquelle j’ai succombé dans mon adolescence m’a enseigné qu’il faut rejeter du revers de la main les solutions intuitives, mal réfléchies, simplistes, des solutions venant d'un Tout-Puissant.

Mais ce rejet n’implique pas l’inaction. Or cette inaction, ou pire cette mal-action des politiciens, ne peut que nourrir la venue d’un jour où tout peut éclater. La marmite est en train de bouillir.

Voir l’article : www.ledevoir.com/societe/le-devoir-de-philo/390995/le-suicide-heideggerien-de-dominique-venner -- 26 octobre 2013.

Journal de bord (2)

vendredi 8 novembre 2013 «N»

Claire était présente lors du décès de mon voisin Jean Duval. Un homme solide. Il a refusé la morphine jusqu’à la dernière minute, alors qu’il était déjà totalement incapable de faire quoi que ce soit. Il était blanc comme un drap. C’était un cancer de l’intestin. Sa femme le couchait au deuxième, et elle en bas pour être moins dérangée. Rien pour l’assister. Je l’avais conduit à l’Hôtel-Dieu-de-Québec pour divers traitements. Retourné à son domicile, il n’a pas fait vieux os, et lorsque Claire l’a vu, incapable de manger ou de faire quoi d’autre, elle l’a transféré en ambulance au CLSC et Jean Duval est décédé à 01h00 le lendemain matin.

jeudi 7 novembre 2013 «N»

Le cancer me tient… positivement, et moi négativement. Doit économiser mes forces. Peu d’équilibre. Les os sur la peau. C’est tout pour me rendre à l’ordinateur. À 9h30 pris un peu de morphine. À 14h00, pris jus de prunes et je me vide à 18h00. À 19h00, Claire me frotte le dos et le thorax. Grandes plaques bleuâtres. Circulation se fait mal et Claire, nerveuse, téléphone au CLSC (Danielle Bourgault). Celle-ci va en parler le lendemain matin à l’infirmière à domicile (Cécile St-Pierre) qui vient à 10h00 le 8 sans s’énerver… Elle voit un possible conflit entre deux somnifères, l’un étant plutôt un relaxant musculaire. Elle va aussi me trouver un meilleur matelas… pour me rendre la fin plus confortable.

mercredi, 6 novembre 2013 «N»

À minuit, ce que j’avais besoin de sommeil est déjà pris. La suite n’est qu’une suite de siestes. Je me lève, prends des notes à l’éclairage de petites lampes. On se croirait en camping. Le jeu des ombrages et des lumières. Lis «The Scramble for Africa». L’auteur a dû faire de nombreuses recherches pour arriver à autant de détails. À 3h30 Je m’ennuie. Lance quelques coups de sifflet à Claire. Prends un pouding au riz. Lui dit de rester un certain temps. Elle allume le poêle. À 10h30 Visite de l’infirmière à domicile. Elle m’explique ce qu’ils peuvent faire quand je serai incapable de rien faire. Souhaite comme moi que je puisse rester le plus longtemps possible à la maison. C'est pas seulement parce que ça coûte moins cher mais aussi qu'on n'a pas un service d'automates. Du moins quand on peut se le permettre.

J’ai déjà pensé au suicide, sérieusement à deux reprises. Deux moments de dépression où l’on ne voit que du noir. La première fois, c’était pour se faire au monoxyde de carbone mais le hasard a tout modifié au lieu même de mon exécution… La deuxième, j’avais trop parlé et on m’a même accusé de «bluffer». Un coup de feu bien placé et il n’y avait plus de souffrance.

Alors je me suis dit : si tous faisaient de même dans quel monde serions-nous ? En effet pour juger de la justesse d’un acte un des critères c’est de la porter à son extrême, de le porter à la puissance du particulier à l’infini, de l’individu au collectif. Exemple : 1. Si je vole à autrui; 2. Si tous volaient à autrui ? 3. Que resterait-il d’autrui ? Mais le passage de la vie à la mort pose le problème de l’acceptation de la souffrance.

J’ai pris le temps hier de revoir toutes mes pages web à www.yvondionne.org . Je n’avais pas terminé cet hiver. Plusieurs liens de bas de page n’étaient plus valides.

mardi, 5 novembre 2013

Reçu photo d’urne du salon funéraire, mais l’inscription n’est pas faite. Elle a été collée pour donner un aperçu. Mis quand même sur Facebook.

Je suis de plus en plus au ralenti. Difficile de m’endormir. Pieds enflés, surtout la jambe gauche. Circulation difficile, mais bain de pieds et après je relaxe. Claire laisse un message à l’infirmière des soins à domicile. Tension sanguine était o.k. mais cœur battait vite. Mieux vaut bien se connaître soi-même. La nature se guérit souvent mieux d’elle-même. Le reste, c’est de la chimie et/ou de la prévention. Mais on n’a pas le choix : on va tous y passer.

lundi, 4 novembre 2013

Incroyable ! J’ai un médecin de GMF (les groupes de médecine familiale) que je rencontrais une fois l’an, en novembre, pour vérifier la «formule sanguine», prendre la tension, renouveler les médicaments, etc. En tout, une demi-heure. Et puis «click-click». Son infirmière me rappelle aujourd’hui pour annuler le rendez-vous qui était prévu demain… Le médecin a accès à tous les dossiers de l’hôpital, ainsi qu’au diagnostic final. Pourtant, elle était prête à me recevoir à son bureau demain, alors que j’ai de la difficulté à me déplacer en marchette de mon lit improvisé à l’ordinateur…

En revenant à domicile le 15 octobre, j’ai dû me construire une bulle de protection avec sa routine, ses trucs, pour éviter les déplacements inutiles, voir aux besoins pressants sous un angle d’économie des efforts. J’ai une sorte de liberté à l’intérieur de la bulle, alors qu’à l’hôpital j’aurais été soumis à toutes les contraintes d’une Autorité qui fait passer ses règles avant le patient. En somme, à l'hôpital je risquais d'exploser.

Il y a toutefois certaines conditions préalables : 1. Il faut avoir fait des économies pour se créer un milieu de retraite. 2. Que l’on accepte son état et son destin. 3. Que l’on puisse adapter notre milieu physique antérieur aux nouveaux besoins modifiés. Ce n’est pas tout le monde qui peut répondre à ces conditions. Exemple : si je n’avais pas Claire dans ces moments je serais bien mal pris. – 4 novembre 2013.

dimanche, 3 novembre 2013

Pas le temps de rattraper le temps perdu. Et puis, à quoi bon ? C’est souvent à recommencer. Mieux vaut parfaire et prendre le temps de mettre des freins, pour éviter que le rocher ne retombe sur nous comme pour le pauvre Sisyphe… Les nouveaux outils aident beaucoup. Devenus indispensables à condition d’acheter en fonction de critères économiques. Nous avons modelé l’outil informatique (qui n’est rien d’autre pour l’instant que le contrôle des mouvements d’électrons) selon nos besoins, et vice-versa l’outil a modelé nos vies. L’évolution est créatrice mais il faut user de prudence avec le «vice-versa» car pour la majorité des gens l’outil prend le contrôle. Nous avons une majorité d'automates.

Mauvaise journée hier. Difficulté le soir à me mouvoir + respiration. J’essaie de m’abstraire des douleurs au dos et à la jambe gauche. Ne pas y penser. Faire le sourd.

Mais à 21h00, j’ai besoin d’aide. Je prends mon sifflet de bambou et lâche deux coups à ma femme Claire. Elle avait chauffé le poêle à bloc avant de se coucher. On aère. Je prends quelques pilules. Ça va mieux ! Mais je pensais perdre le contrôle des battements cardiaques. Le cœur commençait à être trop nerveux.

Je poursuis la lecture de «The Scramble for Africa», par Thomas Pakenham. J’en suis aux premiers chapitres où l’auteur parle des explorateurs David Livingstone, de Brazza, de Henry Morton Stanley, de l’exploration en général d’un territoire encore inconnu où le Roi des Belges Léopold II voulait tailler une place pour la Belgique.

Il y a un bon exposé de la bataille de Isandlwana, une victoire des Zoulous le 22 janvier 1879. Cette bataille a décidé l’Angleterre de se concentrer sur le Nil au lieu de poursuivre vers le Congo, contrairement aux visions de Stanley.

C’est donc le 10 février 1879 que l’Américain Stanley retourne au Congo avec en mains un contrat de cinq ans du Roi Léopold. -- 3 novembre 2013.

1er novembre 2013

Mon frère Michel D. me téléphone hier et me demande si je passe toujours autant de temps avec l’ordinateur. Le frérot n’est pas branché, une rareté de nos jours. Non, lui dis-je, à cause de la maladie, mais le temps est mieux réparti. Je n’ai plus d’autres tâches le jour. J’ai plus de temps pour écrire. Et puis, un ordinateur c’est un outil de travail, pas uniquement un loisir. C’est un moyen d’apprendre...

D’ailleurs on a surtout discuté de généalogie car je lui avais laissé une filière sur la généalogie des Dionne remontant au premier ancêtre venu en Nouvelle-France. Mon illustration de l’utilité d’un ordinateur venait d’être faite car les meilleurs renseignements étaient d’un site de l’Université de Chicago ! Un lien à un site toujours actif : pages.cs.wisc.edu/~dionne/genealogie/index.html. Le site est bloqué aux utilisateurs autorisés mais j'ai eu les codes le jour même. Pas à jour.

Mon grand-père Joseph-Amable Dionne est au lien suivant : pages.cs.wisc.edu/~dionne/genealogie/marco_f/persons/dir_30/file_155.html

La généalogie au Québec, ça ressemble à un titre de noblesse. Je vois la noblesse ailleurs.

Cette nuit, je me lève vers 3h30 pour écrire. Le cerveau s’emballait. J’avais en tête un schéma de complément à mon texte antérieur sur l’éducation, sur les communications, sur l’information. On verra.

J’ai aussi fait un sommaire de plusieurs pages des interventions médicales et séjours à l’hôpital depuis le 5 août. Des délais de un mois entre une demande d’examen et l’examen lui-même (ex. coloscopie). Et un délai de deux mois entre le premier examen pour mal de dos et le diagnostic final de décès.

Le 3 octobre, une spécialiste me donnait deux mois, et peut-être trois mois mais en grimaçant... Le chimio est inutile. Elle est surprise de ma réaction plutôt froide et elle se démène pour me transférer le lendemain en radiothérapie, à Québec, afin de diminuer la douleur au dos et me permettre de mieux voir à mes affaires en attendant. Je suis à domicile depuis le 15 octobre, en compagnie de madame Morphine (mais à doses les plus minimes possibles que je prends à discrétion). Évidemment je ne peux pas marcher sans marchette. Faiblesse à la jambe gauche. Pas question de marathon ! On commence à mieux distinguer les os et probablement que dans quelque temps je n’aurai pas besoin de jouer du tambour en marchant (si je peux marcher). Mais encore trop tôt pour une photo souvenir… -- 1er novembre 2013.

jeudi 31 octobre 2013

Je mange peu mais régulièrement. Je surveille surtout la régularité des intestins, car les médicaments ça constipe !
Après des discussions quasi quotidiennes depuis mon retour à domicile il y a deux semaines sur ce que j’aimerais manger j’ai préparé avec MS Word (il y a d’ailleurs un modèle tout prêt) des matrices de choix de menus selon le jour de la semaine… Ça se résume à quelques choix de repas que l’on peut varier selon le jour. Je faisais ça quand j’étais célibataire il y a 34 ans !

mardi 29 octobre 2013

Tout un quiproquo pour renouveler hier un médicament à base de morphine. La fiche de la pharmacie ne mentionnait aucune répétition. Hors, comme la morphine est sous contrôle strict, on doit téléphoner au médecin… via l’infirmière des soins à domicile.
L’assistante du médecin GMF (Groupe de médecine familiale) rappelle ce midi et demande de parler à ma femme. Je m’objecte. C’est moi le patient (quoiqu’ils disent maintenant «client» au lieu de «patient»). J’apprends que le médicament était déjà renouvelable trois fois et qu’il suffisait hier d’aller le quérir (ou de le faire livrer).
Erreur d’impression d’une fiche de pharmacie ? Combien de temps perdu qui ne sera jamais retrouvé ?

28 octobre

N’aime pas parler de mes bobos mais accident douloureux à la jambe atteinte du cancer hier soir (la «gauche»). Ai glissé et entendu craquement en tombant. Doit maintenant prendre marchette ce qui limite mes mouvements. Me rend à petits pas, en poussant avec la droite, m’asseoir devant l’ordinateur. Une fois assis, c’est O.K….
Une infirmière est venue à domicile. Il faut passer par eux pour renouveler la morphine. Elle suggère un Rx pour la jambe. J'ai dit d'attendre... la jambe ne pourra pas guérir !

26 octobre (suite)

Cet après-midi, des visiteurs de la région de Montréal, mon frère Michel et mon filleul Sylvain (fils cadet de ma sœur) : pour les informer de «mon plan de transition».

J’ai commencé la lecture d’une biographie de Benjamin Franklin («An American Life», par Walter Isaacson), un livre que j’avais depuis quelques années dans mes étagères… C’est révélateur les effets d’entraînement sur le développement quand une société ouvre ses portes à l’initiative !

26 octobre

De 1h00 à 6h00, impossible de dormir. Le cerveau trotte. Alors un peu de lecture mais surtout nettoyé des classeurs dont ma femme n’aura pas besoin (je m’en servais comme références pour des articles, et elle n’écrit pas). Ai trouvé un courriel envoyé en 2008 à une représentante de l’ADQ dans mon comté. Pour la CAQ la fin 2013 ressemble beaucoup à ce qu’était 2008 pour l’ADQ. C’est un peu la CAQ dans la cave… Voici ce que je lui écrivais :

«Chère madame X : J’aurais bien aimé vous rencontrer de nouveau mais mes points de vue divergent de plus en plus avec ceux de l’ADQ, dont j’ai été membre depuis ses débuts.
À vrai dire, l’ADQ n’est plus ce qu’elle était (ou m’étais-je trompé ?). Elle est devenue électoraliste, manque de suite dans les idées, définit mal ses propositions, etc. Elle ressemble de plus en plus au parti libéral de Jean Charest. Ce n’est donc pas surprenant que plusieurs des propositions de l’ADQ sont adoptées par les libéraux.
Plus fondamentalement, l’ADQ est aussi étatiste que le PLQ, et presqu’autant que le PQ, avec des différences trop mineures pour en faire le cas. Dans tous les domaines, les députés de l’ADQ et leur chef (c’est encore le parti de Mario Dumont, officiellement) ne trouvent d’autre solution à tous les problèmes qui se posent que d’imaginer de nouvelles interventions de l’État, alors qu’il faudrait plutôt sortir l’État de notre vie, comme on a sorti l’Église, afin de rendre les individus maîtres d’eux-mêmes. En prenant ainsi mes distances, je retrouve en quelque sorte une partie de ma liberté, la partie la plus essentielle, c’est-à-dire la liberté de pouvoir critiquer librement et sans partisanerie.»

25 octobre 2013 (suite)

Difficile de marcher. Toujours et de plus en plus avec l’aide d’une canne, et bientôt d’une marchette que nous avons achetée. Ma jambe gauche semble vouloir sortir de son engrenage… Un peu d’appétit mais en me regardant au miroir je maigris à vue d’œil. Réussi ce soir à me raser, au rasoir à lame, malgré la nervosité.

La vie est souvent un esclavage, d’où la mort peut être une libération. Quand je vois ce qui se passe au Québec et dans le monde, c’est peu encourageant. Si le progrès passe par l’acquisition des connaissances et par l’expérience, on doit dire que c’est toujours à recommencer à chaque génération. Les mêmes erreurs se répètent, comme une vis sans fin.

Écouté ce soir l’émission J.E. à TVA sur la mort à domicile. C’est toujours mieux qu’à l’hôpital (où l’on dépend de la sonnerie) mais à deux conditions : 1. Il faut d’abord avoir un chez-soi qui convient, ce qui n’est pas toujours le cas; 2. Il faut pouvoir compter sur une personne à plein temps. Pour moi par exemple, ma femme hésitait car, en tant qu’infirmière de formation, elle a vécu des décès en soins palliatifs et ce n’est pas toujours facile. Elle croyait que j’allais l’empêcher de dormir et lui occasionner beaucoup de travail mais c’est plutôt le contraire. Je lui évite ses déplacements à l’hôpital tout en voyant pas mal à mes affaires. Mes repas ne sont pas plus copieux qu’auparavant…

25 octobre 2013

Me suis levé pour lire de 1h00 à 4h00, tout en entretenant le poêle à bois... Ai mieux dormi par la suite.

J’ai la visite sur demande d’une infirmière des soins à domicile. Mais je ne demande pas beaucoup. C’est surtout pour le contrôle des médicaments. Elle a décidé de ne pas suggérer au médecin de hausser une dose de morphine que j’avais d’ailleurs refusée à l’avance. Elle préfère me voir conscient. Je ne suis pas un faiblard vis-à-vis une certaine douleur. La souffrance fait partie de la vie et c’est en s’y habituant qu’on s’endurcit à sa présence.

Quelques mots où j’habite, à 8 km du village. J’ai fait de la colonisation il y a 35 ans. L’électricité ne s’y rendait pas. Le village était à l’origine une corporation municipale avec nom anglais (Ashford) du nom du canton. Comme le curé suivait la population, le nom a vite changé en celui de la paroisse catholique et du saint choisi pour l’occasion.

Le site est plaisant mais les habitations ont été construites très rapprochées le long d’une rivière sans se soucier des problèmes d’approvisionnement en eau et du rejet des égouts (envoyés à la rivière). Et aujourd’hui, pour corriger les égouts (ça coûterait trop cher pour l’eau), le village passe le gros de la facture aux payeurs de taxes de l’extérieur (y compris aux gens non desservis comme dans mon cas).

Le réseau social principal étant clérical, il y a peu de contacts avec l’extérieur. Les problèmes courants sont réglés dans un style communautaire, entre voisins, au bénéfice du plus fort. La présence de la police est vue avec méfiance. On se ferme les yeux. Faut faire partie de la gang. Tout le monde a un lien de parenté. Rares apports de l’extérieur. Mais ça évolue quand même. On ne peut pas arrêter indéfiniment les flots de la rivière (comme le disait à peu près le philosophe grec Héraclite).

24 octobre 2013

Terminé la lecture du livre de Ian Mortimer «The Time Traveller’s Guide to Medieval England». Surtout apprécié les chapitres sur la justice (et son arbitraire), la médecine de charlatans, les maladies et les épidémies, le mode de vie, la structure d’autorité (délation généralisée organisée en groupes communautaires; peu de policiers à l'époque), pas de «checks and balances».
Il y a des allusions aux changements climatiques, le 14e siècle étant le début du Petit Âge Glaciaire et un refroidissement. Impact dommageable pour l’agriculture, d’où nombreuses famines successives et hausse des épidémies (peste) et de la criminalité.

Commencé un livre sur l’histoire du Congo belge, la propriété privée du Roi des Belges…
Me lève fréquemment la nuit. Ce matin, à 4h00, j’étais en train de lire, de prendre des notes.

Reçu un téléphone d’un groupe dit d’Entraide communautaire d’inspiration marxiste. C’est une créature du gouvernement pour limiter l’emploi direct à domicile et mettre tout sous le contrôle du gouvernement pour collecter les taxes et cotisations diverses. Nous avons dit non.

Et il y a des momies d’inspiration religieuse qui s’essayent auprès de ma femme. Ils offrent de nous aider pour nous avoir. Ce sont des zombies sortis du Moyen Âge. Où je suis, le réseau social gravite autour de l’Église, du curé et des organismes para-Église. Les nouvelles locales se savent encore par le bulletin paroissial (je leur ai suggéré Facebook !) et le téléphone arabe. Des gens qui se présentent pour nous aider alors qu’auparavant ils ne nous parlaient pas, c’est louche et ça sent le confessionnal. Je préfère la mythologie gréco-latine !

www.yvondionne.org Sur mon site web j’ai quand même, sans trop faire de vent…, des textes qui sont potables même s’ils peuvent paraître indigestes à ceux qui ne sont pas d’accord. Mais je n’écrivais pas pour charmer et flatter le troupeau médiatique des jobards et de leurs larbins et il y a une quantité appréciable de gens formidables !
J’avais commencé une «épuration» au début de l’année pour les textes les plus récents, les corriger, effacer et conserver l’essentiel. Un travail de moine.
Vu l’engouement généralisé (au max. 5 visiteurs accidentels par semaine...) j’ai donc décidé de prolonger jusqu’en 2016 l’hébergement et le nom du domaine…Je pourrai raconter post mortem ma rencontre avec Allah et mes ébats avec 71 vierges.
Ça promet car ça va chauffer !
22 octobre 2013.

Chronique d'une mort annoncée (Journal de bord-1) Nous y passons tous mais j'ai l'avantage de le savoir à l'avance. J'accepte cette fatalité stoïquement. Au début octobre, on me donnait deux ou trois mois à vivre d'un cancer en évolution rapide. Après de nombreux examens et traitements (surtout de radiothérapie pour alléger la douleur au dos), j'étais de retour à domicile le 15 octobre pour me permettre de voir à mes affaires, en attendant le retour à l'hôpital en soins palliatifs (que je reçois déjà sous forme de morphine en comprimés).

J’ai une hypothèse plausible concernant l’évolution de mon cancer même si mon médecin GMF n’y comprend rien car ils attribuent toujours la cause d’un cancer à la cigarette chez un fumeur, même occasionnel et même si j’arrêtais pendant plusieurs années.
Or, les Rx des poumons l’automne dernier ne montraient rien, m'a dit ce même médecin.
Mais les Rx plus étendus de cet été (août et septembre) montraient des masses cancéreuses partant de la jambe gauche, le long de l’épine dorsale (d’où maux de dos insupportables cet été), et jusqu’aux poumons. Les douleurs ont diminué depuis des traitements récents de radiothérapie, y compris à la jambe gauche. Mais ce n’est qu’une pause, m’ont dit deux spécialistes, pour me permettre de voir à mes affaires pendant quelque temps.
Mon hypothèse est que le cancer a débuté à la jambe gauche, la même année que j’ai installé une imprimante à jet 4-en-1 à ma gauche, au niveau de la jambe, faute d’espace ailleurs. À l'époque, lors de l'examen annuel, j’avais d’ailleurs parlé à ce médecin GMF de symptômes à la jambe : engourdissement et boitement fréquent (devenu chronique cet été). Elle me disait que ma ceinture était trop serrée…
Coïncidence peut-être, j’avais installé une couverture en plastique sur l’imprimante pour la protéger de la poussière. Or, le plastique est perforé précisément du côté de la jambe. Relation de cause à effet ? Je n’aurai pas le temps de faire les recherches…
21 octobre 2013.

Des droits à faire K… ier ! Au risque de déplaire aux islamophiles québécois qui connaissent peu de l’islam et aux multiculs imbus d’une tolérance sans bornes et sans réciprocité, et à tous ceux qui, au nom d’une liberté individuelle sortie d’un bréviaire abstrait déconnecté de la réalité sont opposés au projet de Charte des valeurs du gouvernement…, voici quelques commentaires additionnels :

«Il paraît que», lorsqu’on exige de montrer son visage pour s’identifier, de s’habiller comme tout le monde dans la pratique d’un sport ou d’une profession, de ne montrer aucune préférence religieuse et/ou politique (la religion et l’État vont de pair dans l’oppression de la liberté de penser), que lorsqu’on se voit forcé d’imposer des balises pour éviter que la religion serve à étouffer la liberté, que c’est une atteinte à la liberté individuelle.

C’est grosso modo ce que la Commission des droits de la personne du Québec vient de nous dire, du haut de son piédestal auréolé par le langage dialectique marxiste à la Trudeau, un grand défenseur des pires dictatures (Corée du Nord, Chine, Cuba), un langage maintenant exploité par les islamo-fascistes pour rendre étanche leur groupe à toute critique sous prétexte d’islamophobie. C’est assez pour faire K… ier !

Il vient un moment, faute de contrôle de la part des individus eux-mêmes, que l’on doive imposer des balises pour éviter que la liberté devienne une porte d’entrée à sa destruction par des groupes d’activistes bien organisés et bien financés.

J’ai déjà cité le brillant essai intitulé «Le libéralisme» d’Émile Faguet, essai écrit il y a plus d’un siècle. Faguet avait entrevu les excès, tant de la part de l’État que des individus, de la recherche des droits. Les droits sont manipulés par l’État selon son bon plaisir et redistribués «gratuitement». On a maintenant des droits pour à peu près tout et utilisés par les briseurs de vitres, les bloqueurs de routes, de chemins de fer, les empêcheurs d’entrer prendre des cours, les gens qui prennent Dieu ou Allah pour imposer leurs visions politiques…

On est loin ici de la désobéissance civile au sens de Thoreau comme le prétend Gabriel Nadeau-Dubois. Chez les manifestants de l’an dernier et ceux d’aujourd’hui en faveur d’une liberté individuelle sectaire, il n’y a pas beaucoup de respect, par exemple, des droits de propriété et de la liberté de ceux qui ne pensent pas comme eux.

Évidemment, me dira-t-on et en grande partie avec raison, qu’il suffit d’appliquer les lois existantes et que le problème dans leur application est d’abord politique. C’est pourquoi un «résumé» dans une Charte, même imparfait, pourrait aider les avocassiers et politiciens du gouvernement à se retrouver dans l’enchevêtrement juridique qu’ils ont construit, nonobstant… la clause nonobstant.
21 octobre 2013.

Sur l'État et la Charte des Valeurs... Tant les étatistes de droite que ceux de gauche, même ceux qui veulent réduire la taille de l’État, parlent souvent de l’État comme s’il s’agissait d’un être impersonnel, désincarné, qui croît par sa propre dynamique. Il est vrai que cet appareil a sa dynamique propre mais ce qui fait l’État, ce sont des individus, des groupes de pression, des politiciens, un ensemble de lois et une police pour les faire respecter, des prisons pour les récalcitrants, des pénalités sévères pour ceux qui ne paient pas leurs impôts, des fonctionnaires qui ont souvent pour principale préoccupation de se faire valoir par plus d’interventions (à l’image des politiciens), etc. Cet appareil a été construit par des individus au nom de leur «bien commun».
Ce qu’on appelait dans les années 1960 «notre outil de développement», outre qu’il n’a été qu’un moyen à l’exclusion des autres (autrement dit un mauvais choix d’outil…), est devenu aujourd’hui un obstacle au développement. Ce que les gens derrière l’appareil d’État ont développé, c’est une production inefficace de services où les politiciens et les fonctionnaires décident des choix de tous, et où les individus ont été conditionnés à se comporter, non pas en personnes responsables, mais en quémandeurs de l’État aux dépens de tout le monde.
Plus il y a d’État, moins il y a d’individus responsables, mais il est vrai aussi qu’au départ, moins il y a d’individus qui se comportent socialement comme des gens responsables, plus ceci donne des arguments en faveur d’interventions étatiques. Comme par exemple une Charte des Valeurs… pour rappeler aux individus que la liberté de religion doit s’exprimer, socialement, en respectant les autres.

Éoliennes et impacts économiques Un peu en retard sur le budget Marois du 7 octobre et ses «effets structurants» (d’après la langue de bois de l’ingénierie étatiste). Mais j’étais à l’hôpital quand j’ai vu la nouvelle. J’avais noté ceci sur l’exercice :
Les bureaux de planification des ministères sortent des projets privés réels ou hypothétiques; ils leur ajoutent des subventions, crédits d’impôt ou autres cerises du genre; et finalement les politiciens pondent des interventions dont l’impact revient au gouvernement.
Le point le plus contestable du programme est la politique d’électrification des transports. Rien à voir avec l’électrification rurale de Duplessis qui permettait au monde rural de s’éclairer avec une ampoule électrique au lieu d’une lampe à l’huile ! Et d’avoir l’eau courante !
La politique du gouvernement va au contraire nous faire reculer sur le plan de l’utilisation de l’énergie à des coûts élevés d’une économie de moulins à vent. Mais c’est le même credo chez tous les partis : ce sont les politiciens qui savent le mieux où investir l’argent qui ne leur appartient pas !
Le gouvernement du Québec dit vouloir créer des emplois en région par son soutien aux éoliennes. Ça fait cher par emploi. Cette année, en raison de cette décision politique, Hydro-Québec dit devoir dépenser 500 millions de $ pour l’achat de l’énergie produite par les éoliennes à un coût de 10 ¢ le kwh, énergie dont elle n’a pas besoin en raison de surplus. Même s'il n'y avait pas de surplus, Hydro-Québec doit maintenir une capacité de production supplémentaire pour les périodes durant lesquelles les éoliennes ne tournent pas. Hydro-Québec paie aussi 150 millions de $ pour qu'une centrale au gaz ne produise pas. La production de gaz de schiste aux États-Unis a modifié la donne pour plusieurs années à venir.
Les défenseurs du soutien à la création d’emplois, par des subventions, des prix plus élevés payés par les consommateurs, ou par ce qu’on appelle la gestion de l’offre, oublient à dessein que l’argent qui est ainsi retiré de l’économie a un impact négatif sur l’emploi et pourrait en créer autrement en étant dépensé ailleurs.
De plus, ce n’est pas tant le nombre d’emplois qui importe que la productivité, c’est-à-dire produire plus à moindre coût. C’est selon ce principe élémentaire que l’on peut construire une économie concurrentielle, qui n’est pas à la remorque des payeurs de taxes.
Les gouvernements justifient toutes leurs interventions par les impacts économiques, pour créer des emplois ou pour maintenir en activité des secteurs qui seront toujours en quête d'aide gouvernementale. Si les entreprises suivaient le même raisonnement, au lieu d'appliquer le critère de la rentabilité, elles feraient vite faillite.

Lac-Mégantic et le projet d'oléoduc Avec Lac-Mégantic, la phobie des chemins de fer est en train de gagner tout le Québec, alors que le transport ferroviaire a été un +. Il est devenu moins rentable quand le gouvernement a décidé de taxer les emprises de chemins de fer dans les municipalités, alors que les autoroutes pour le transport par camions sont financées par les taxes payées par tous.
Le transport ferroviaire a contribué à la création de nombreuses municipalités au Québec, entre autres Farnham et Lac-Mégantic.
Les gens se sont construits près des chemins de fer, avec l'approbation des municipalités, comme ils se construisaient près d'un cours d'eau, y envoyant leurs égouts, et dont les travaux sont subventionnés à raison de 90%, les pollueurs n'étant responsables que pour 10%.
Mais comme ce sont des électeurs, ils sont moindrement responsables...
Toujours est-il que la gang de Steven Guilbeault et d'Équiterre est partie en guerre contre le projet d'oléoduc vers les Maritimes, oléoduc qui approvisionnerait au passage la raffinerie de Suncor à Montréal et celle d'Ultramar près de Québec. Les activistes contre le pétrole ne trouvent rien à redire de celui que nous importons de pays fossiles. Entre-temps, Suncor et Ultramar vont accroître les livraisons par transport ferroviaire !

Osez penser par vous-mêmes ! J’ai l’édition de 1995 de Septentrion de Thomas Paine, «Le sens commun» (Common Sense, 1776) où il écrivait : «La société, quelle qu’en soit la forme, est toujours un bienfait, mais le meilleur gouvernement n’est qu’un mal nécessaire et le plus mauvais un mal intolérable.»
Benjamin Franklin avait révisé le manuscrit du livre avant sa publication.
Septentrion met une bonne annexe intitulée «Le Québec à l’heure de la Révolution américaine», où l’auteur, sans doute Jean-Pierre Boyer, fait un historique de la réaction dans la «Province of Quebec» suite à l’Acte de Québec, en citant cette phrase de Voltaire : «Osez penser par vous-mêmes !»
Cette maxime (Osez penser par vous-mêmes !) est le pire ennemi de toutes les tyrannies et de tous les étatismes.
L’auteur cite cette déclaration de l’évêque de Québec à l'intention des Canadiens, Mgr Briand, contre le Congrès américain : «Vos serments, votre religion, vous imposent une obligation indispensable de défendre de tout votre pouvoir votre patrie et votre Roi. Fermez donc, chers Canadiens, les oreilles, et n’écoutez pas les séditieux qui cherchent à vous rendre malheureux, et à étouffer dans vos cœurs les sentiments de soumission à vos légitimes supérieurs, que l’éducation et la religion y avaient gravés».
Chez les chrétiens, il y avait les catholiques contre les protestants, et tous deux contre les hérétiques et les sorcières; chez les musulmans, plusieurs sectes s'entretuent.
L'Islam une religion qui incite au crime. Il ne peut y avoir dans l'Islam de liberté de penser ou d'agir en dehors des règles de la charia. Même aux pires moments de l'histoire du Québec, l'Église ne condamnait pas à mort. Certes, on perdait son emploi.... Mais aujourd'hui, l'Histoire a eu sa revanche. Les églises sont vides. Les fabriques de paroisses vivotent. Il y a bien sûr des facteurs économiques, mais le discours religieux ne rejoint plus les âmes... Et surtout pas celles qui pensent comme Voltaire : «Osez penser par vous-mêmes !»

Viva Il Papa ! Quel que soit le nouveau pape, il faut bien constater que c'est l'islam qui prend le dessus, avec la force de l'argent dérivé du pétrole et la terreur. Mais je voudrais rappeler tous les crimes du christianisme, comme je rappelle couramment ceux de l'Islam, même si le texte cité aurait besoin d'un certain ménage orthographique et qu'il faudrait développer certains sujets. Mais la substance y est.
La page noire du christianisme.

Les autochtones ne sont pas des pandas : C'est le titre d'un livre de Réjean Morissette publié chez Hurtubise. La seule solution, c'est que les Indiens deviennent des gens à part entière, abolition des réserves et des privilèges dans les lois et la Constitution, abolition de leurs droits ancestraux, traitement égal avec les Blancs. Abolition de la Loi sur les Indiens. Dans mes lectures sur les Amérindiens (Relations des Jésuites, etc.), il y a une chose qui revient constamment : c'est que si vous négociez avec les Indiens, c'est un pas vers plus de négociations. Ils disent que la terre leur appartient et ils ne tiennent jamais parole sur les ententes que l'on peut conclure avec eux. En Nouvelle-France, les explorateurs comme Bougainville disaient que la parole d'un Indien ne vaut pas un clair de lune. Ils ne tiennent jamais parole. Et en plus, ils ont un avantage sur les politiciens, ils se disent des gens lésés et bafoués, avec des taudis, protégés par l'ONU et par tous les activistes, et par la Constitution du Canada et par ses juges. Nous sommes coupables de tout ce qui leur arrive.

Dans son Journal d’un voyage dans l’Amérique septentrionale, le Père De Charlevoix n’est pas tendre vis-à-vis le mode de vie des indigènes. C’était le mode de vie d’une société tribale à l’âge de pierre, ou plutôt à l’âge de l’écorce de bouleau puisque cette écorce était leur principal matériau (canots, habitations). Mais dans sa lettre du 8 août 1721 Charlevoix écrit : «… ils jouissent de presque tous les avantages qu’une autorité bien réglée peut procurer aux Nations le plus policées. Nés libres & indépendans (sic), ils ont horreur jusqu’à l’ombre du pouvoir despotique, mais ils s’écartent rarement de certains principes & de certains usages, fondés sur le bon sens, qui leur tiennent lieu de loix, & qui suppléent en quelque façon à l’autorité légitime.» Évidemment, on peut commenter qu’ils étaient esclaves de leur condition et le devenaient socialement s’ils étaient faits prisonniers par une autre tribu, à moins de servir de repas après une séance de torture sur le bûcher.

Plusieurs ont vu le film «Le dernier des Mohicans», adapté du roman de James Fenimore Cooper. C’est basé sur un fait historique, la prise du fort William-Henry (ou Fort George) et la capitulation le 9 août 1757 du commandant Monroe et le massacre qui s’ensuivit et que n’ont pu empêcher les troupes françaises et les milices canadiennes. Dans son Journal, Bougainville écrit que Montcalm souhaitait cette capitulation sans combat pour éviter un massacre. «L’on voit par cette démarche du Marquis de Montcalm à quel point on est dans ce pays esclave des Sauvages : ils sont un mal nécessaire». Mais le pire arriva. Sur les 2200 soldats de Monroe, les Français n’ont pu en remettre que 400. Et Bougainville raconte avec dégoût que «les Sauvages arrivent en foule à Montréal avec environ 200 Anglais» et Vaudreuil promet aux Sauvages d’acheter les Anglais avec de l’alcool (eau-de-vie…). Bougainville : «Ils se saoûlent et les Anglais restés dans les cabanes meurent cent fois chaque jour. Le 15, à 2 h. après-midi, en présence de toute la ville, ils en tuent un, le mettent à la chaudière et forcent les malheureux compatriotes à en manger». Bougainville termine par une citation latine où je perds mon peu de latin : «Heu fuge crudeles terras fuge littus iniquum».

Est-ce à l'État de définir nos droits ? Les droits de l'homme ne peuvent que précéder l'existence de l'État. Ce n'est pas de l'État que nous avons nos droits, c'est plutôt l'État qui reçoit de nous trop de droits. L'État doit voir à ce que nos droits soient respectés.
À chaque problème, les gens conditionnés aux solutions de l'État demandent plus d'État. La liberté devient pour eux un bien que l'on peut échanger pour plus de sécurité. J'ai encore cette citation sur mon site : «Ceux qui sont prêts à abandonner des libertés essentielles contre une sécurité illusoire et éphémère ne méritent ni liberté ni sécurité.» "Those who would give up essential Liberty, to purchase a little temporary Safety, deserve neither Liberty nor Safety." (Benjamin Franklin, 1706-1790) Et le plus grand danger auquel nous devons faire face, ce ne sont pas les tueurs comme à Newtown, mais plutôt les gens qui, à travers les médias et la politique, veulent imposer à toute la société leurs préférences personnelles et idéologiques.

Armes à feu : Il fut un temps où posséder des armes à feu n’était pas un privilège au gré du bon plaisir des politiciens mais un devoir. Ainsi, en Nouvelle-France le gouverneur de La Barre décrète le 24 octobre 1682 : «Nous ordonnons à tous les habitants de ce gouvernement qui ne se trouvent pas fournis de fusils et armes à feu dans leurs habitations, pour tous ceux qui y sont capables de porter les armes, aient à s’en munir dans cet hiver, à peine d’amende au printemps s’ils s’en trouvent manquer.» Cinq ans plus tard, le gouverneur de Denonville précise que les habitants ne doivent jamais sortir de leurs maisons sans avoir leurs armes à feu. Ce n’était plus un droit ou un privilège, mais un devoir pour la protection et la défense de la colonie. (Source : La Nouvelle-France au fil des Édits, par Philippe Fournier, Éditions Septentrion, 2011).
Le premier coup de fusil que j'ai tiré, je devais avoir 8 ans. C'était donc au début des années 50. Un vieil oncle cultivateur, qui m'a appris beaucoup, m'a fait tiré avec un fusil à poudre noire du 19e siècle, canon long. Je suis tombé sur le dos à cause du recul, mais c'était une bonne expérience. Dans ce temps-là, on n'avait pas besoin d'un permis pour avoir une arme à feu, et il y avait moins de meurtres. Et moins de suicides. C'est ce que je dis, avec des chiffres, dans un article d'il y a quelques années... http://www.yvondionne.org/loic68.html

Et il y a le registre des armes de chasse que Québec veut avoir... Mais il y a trois "hic". 1) les données sur les armes sont incomplètes et ne sont pas à jour; 2) les données ne comprennent pas le nom du propriétaire des armes à feu ! 3) comme le Code criminel est de juridiction fédérale, Québec ne pourra plus invoquer le Code criminel pour forcer le respect de l'enregistrement.
Ding, Dong !

La première sorcière ? Si vous me demandiez d'extraire la racine carrée de 2, je prendrais sûrement ma calculatrice, même si je me souviens. Mais je crois avoir deviné pourquoi la plupart des gens n'aiment pas les mathématiques, et selon mon opinion c'est qu'on leur a enseigné cette matière comme un catéchisme, sans leur dire comment ceci a été découvert. Le livre «Taming the Infinite, The Story of Mathematics», par Ian Stewart, est plein de renseignements utiles. Ex. Les signes usuels + ou - ou = ne sont utilisés que depuis 600 ans. Dans ce livre, on apprend aussi que la première sorcière exécutée par les Chrétiens a été la première femme mathématicienne, Hypatia d'Alexandrie (370-415). Un décret de Constantin 11 promulgait «that their flesh to be torn off their bones with iron works». Une des premières tâches de la religion chrétienne a été de brûler les livres de l'Antiquité, comme en 391 l'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie où étaient conservés 700 000 ouvrages de l'Antiquité, en un temps où il n'y avait pas d'imprimerie !

Sur la démocratie : Avec les élections municipales au Québec et la toujours possible élection provinciale (quoique mise de côté hier par le gouvernement minoritaire du PQ), il est beaucoup question de voter pour exercer la démocratie… Or, le droit de vote n’est qu’une modalité d’un régime démocratique, de même que le mode de représentation.

Plus important encore est de pouvoir faire un choix éclairé, en disposant de toute l’information. Or, la quête du pouvoir par la quête des votes prévaut sur l’information. Ceci favorise la corruption, malgré les contraintes sur le financement électoral que l'on ne cesse de rapiécer. Il faut de l’argent pour être élu, et on ne peut être élu sans faire de promesses à tous les groupes de pression, promesses que devront payer les payeurs de taxes. Il faut de l’argent pour démontrer aux autres que le besoin de pouvoir sur eux est entièrement désintéressé !

Ai entendu cette vieille maxime d'un animateur de TV : «La démocratie a toujours raison.» Faux. La démocratie a pour seule raison de permettre à chacun de dire ce qu'il pense, que ce soit vrai ou faux, ce que les tyrannies ne permettent pas. Pour le reste, la majorité n'est pas un critère de vérité. Dans le domaine des choix politiques, la majorité vote pour ses intérêts, même si ces intérêts sont noyés dans un ensemble populiste, et ces intérêts exigent (contre les "riches") que plus il y a d'État, plus l'État devient sa propre justification. L'étatisme a rendu les Québécois de plus en plus dépendants de l’État, et aussi des transferts fédéraux. Il est paradoxal que l’on veuille un Québec libre sans des Québécois libres, où la liberté individuelle soit réduite comme une peau de chagrin (le roman de Balzac) en faveur d'une liberté collective qui est un concept totalitaire.

Imaginons un instant une société fermée où tout serait «gratuit» (à l’exemple de L’Island of Utopia de Thomas More), i.e. qu’il n’y aurait plus de revenus pour personne mais que tout ce qui est produit serait accessible à tous. Pas de monnaie. Il est bien évident qu’une telle utopie ne ferait pas long feu. Le rationnement deviendrait extrême car plus personne ne voudrait travailler, et il faudrait une police pour les y forcer. L’Autorité centrale devrait définir, selon ses préférences à elle, à la fois ce qui est produit et ce qui est consommé par chacun. Nous avons déjà des exemples historiques de telles expériences sociales dans les pays communistes, et aussi dans l'aventure des Jésuites au Paraguay...

On some genocides

On April 19 will be the 70th anniversary of the Warsaw Ghetto Uprising in 1943. For a brief story, see my article «One Example, from History, of Necessary Armed Struggle». In 1939 Hitler said: «Who today remembers the extermination of the Armenians?» On April 24 each year, people around the world commemorate the massacre of 800 persons in Istanbul (then Constantinople). It was not the first and not the last massacre. Up to 1,5 million were killed. For a chronology of events from 1875 to 1923, see Armenian genocide. And it was not the last genocide of the twentieth century. Turkey, however, continues to deny there was a genocide. «No other nation in the modern age has engaged in such a massive cover-up campaign about such a heinous crime», writes James Waller in Becoming Evil--How Ordinary People Commit Genocide and Mass Killing (Oxford University Press, 2002).

Duplessis et la "Grande Noirceur"

Il y a un retour aux sources au Québec et c'est tant mieux. Une bonne connaissance et interprétation du passé nous éclaire sur le présent et nous permet de mieux préparer l'avenir. Tout n'était pas noir sous Maurice L. Duplessis. Ce n'était pas la stagnation économique par exemple. Et Duplessis «donnait à sa province»... Dans plusieurs domaines nous étions plus libres qu'aujourd'hui. Mais la principale lacune, c'était l'alliance de l'État avec la religion. L'Église d'alors contrôlait toute l'éducation et les services de santé. Elle était devenue une force formidable d'éteignoir de la pensée (le contrôle de la pensée passait par le confessionnal, par l'éducation, par les médias), à l'exemple des régimes de Salazar au Portugal et de Franco en Espagne. La hiérarchie catholique était devenue ce que sont les imans ou les mollahs dans un régime de shariah. La religion fait partie de notre histoire, et c'est tout ce qu'elle mérite.

Mais après un tel éteignoir, pourquoi se surprendre de l'explosion ? Le plus grand apport de ce que nous appelons la Révolution tranquille au Québec a sans doute été la séparation de l’Église et de l’État. Le Québec d’alors était surtout rural, bien qu’il s’urbanisait et s’industrialisait rapidement, et l’Union nationale fondait son pouvoir sur les comtés ruraux. Mais pour le reste, cette Révolution tranquille a vu la mainmise de l’État dans presque tous les domaines et on ne peut pas dire que nous sommes plus libres maintenant bien que l’on puisse critiquer ouvertement l’État sans risquer l’excommunication (mais nous risquons maintenant la prison). C’est à peu près la seule liberté qu’il nous reste. On ne fait presque plus rien sans avoir besoin d’un permis. Et le troupeau dépend tellement de l’État qu’il en demande toujours plus, et il y a des médias et leurs animateurs qui ont remplacé l'Église.

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