HAÏTI, l'éternel quêteux ?



Ce qu'on peut dire pour débuter, après ce séisme du 12 janvier qui était naturel et contre lequel personne ne peut rien même les idéologues du changement climatique, c'est que lorsqu'un séisme naturel s'ajoute à un séisme humain, c'est bien sûr une catastrophe par-dessus d'autres catastrophes. Haïti était le pays le plus pauvre d'Amérique latine, malgré les milliards de $ en aide internationale, pendant que d'autres pays ont fait preuve d'initiative. Même Cuba, régime communiste que j'ai visité récemment, attire les touristes sans que ceux-ci se fassent voler ou assassiner. Cuba vit présentement du tourisme, avec la construction de nombreux hôtels en participation avec le privé (mais c'est le gouvernement qui contrôle, sans payer une cenne). Malgré tout, à Cuba les investisseurs privés semblent y trouver leur compte.

Mais en Haïti, c'est différent. Pourquoi ? La faute des impérialistes ? Les journalistes devraient enquêter, pour le bénéfice de leurs lecteurs et... pour mieux les informer, sur l'aide internationale... Où va-t-elle ? Qu'est-ce qui va au gouvernement et qu'est-ce qui va au marché noir ?

Sur les investissements en Haïti, il y avait un bon article de Nathalie Elgrably-Lévy (de l'Institut économique de Montréal) dont je cite un paragraphe (L'autre tragédie d'Haïti) :

«Secourir les victimes du séisme, cela va de soi! Contribuer à la reconstruction, c’est honorable, mais c’est insuffisant pour vaincre la pauvreté. Ce n’est pas en recevant de l’aide internationale qu’un pays s’enrichit, c’est en produisant et en vendant ses biens et services. Or, pour cela, il faut des réformes qui permettent de créer un contexte économique favorable aux affaires. Le Chili l’a compris et a réussi un véritable miracle économique en 20 ans à peine. Aider Haïti à en faire autant, n’est-ce pas également de l’aide humanitaire?»

Voilà qui ressemble à du gros bon sens. Le quotidien Le Devoir titrait à la une le 14 janvier «Port-au-Prince, Ground Zero». Comparaison fautive, car le désastre d'Haïti a été causé le 12 janvier par une force naturelle, non pas par des terroristes. Le désastre a été amplifié, non pas par des terroristes, mais par l'ineptie généralisée de la base au sommet qui prévalait avant le séisme.

Mais l'heure est à la... compassion et à la solidarité. La propagande gauchiste (+ de nombreuses messes) veut que l'on fasse preuve de charité, pendant qu'ici ils étatisent la charité et en font un objet de redistribution forcée par les taxes. Bien des couples veulent leur petit Haïtien, comme d'autres veulent leur toutou pour le flatter et le chatoyer. Il faudrait selon eux faire venir ici tous leurs proches pour qu'ils puissent jouir de nos nombreux programmes d'aide sociale.

Est-ce une façon pour les Haïtiens de se prendre en mains et de se relever ? Ils vont vivre longtemps sous les tentes, devant être approvisionnés en eau et en nourriture, sans égouts, sans accès à des écoles, avec peu d'hôpitaux, avec à l'horizon d'autres catastrophes naturelles comme les ouragans, dans un pays où les rues se remplissent de boue à chaque pluie. Mais l'aide à la reconstruction va-t-elle servir à maintenir au pouvoir une clique de profiteurs ? Que feront les Haïtiens pour prendre en mains leur développement ? Le premier ministre Jean-Max Bellerive nous demande-t-il un chèque en blanc ?

C'est un bel exemple de la catastrophe de l'aide internationale, qui a pris la place des investissements privés et qui a été soutenue en Haïti par un racisme anti-Blanc (qui a commencé au début du 19e siècle par l'exécution de tous les Blancs par le libérateur Dessalines) et une mentalité de maffieux. Le développement économique doit suivre ces quelques principes :

1. Avoir des lois qui protègent les droits de propriété; 2. Avoir des lois qui favorisent l'investissement et l'initiative privée; 3. Avoir un régime de droit qui ne taxe pas l'initiative.

Ma femme (Claire, de son prénom) a visité Haïti en 1977, à l'époque de Bébé Doc (Jean-Claude Duvalier, le fils de l'autre). À son arrivée à l'aéroport, le douanier ou garde lui a demandé si elle avait «apporté son petit Jésus». Je crois plutôt qu'il voulait avoir des billets portant la photo de nos... petits Jésus de politiciens sur nos billets de banque. Quoi qu'il en soit, j'ai réussi à reproduire deux mauvaises photos, une de la cathédrale de Port-au-Prince, maintenant détruite, et une de ma femme dans une plantation de canne à sucre.

Cathédrale de Port-au-Prince

La cathédrale de Port-au-Prince en 1977
Claire dans une plantation de canne à sucre en 1977

Claire dans une plantation de canne à sucre en 1977
Pour l'instant, toute la compassion nous fera-t-elle devenir des créditeurs de toutes les catatrosphes naturelles et humaines ? Il va falloir que les populations prennent leurs responsabilités, prennent la responsabilité de leurs fautes et celle de leur développement. Selon la théorie défendue par Jean Charest et sa ministre Madame Sourire Line Beauchamp, la ville de Québec pourrait être inondée par la fonte des glaces. Qui va nous venir en aide ? Moins hypothétique ou fantaisiste, qui va payer les dettes énormes accumulées par nos politiciens ? Ceux-ci nous demandent de nous serrer la ceinture pendant que l'État s'engraisse.

Yvon Dionne, 23 janvier 2010

NOTE : Le 1er novembre 1755 Lisbonne et plusieurs villes du Portugal ont été dévastées par un tremblement de terre. Il y aurait eu 100 000 morts. Plusieurs ont vu dans ce désastre des bienfaits, comme aujourd'hui nos chantres des impacts économiques, ce qui leur a valu ce poème de François-Marie Arouet de Voltaire (1694-1778) «POÈME SUR LE DÉSASTRE DE LISBONNE OU EXAMEN DE CET AXIOME: TOUT EST BIEN» (voir le lien).

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